Wind/Wing : City Cultural Centre_Taichung Taïwan

 

Projet Taichung City Cultural Centre
Programme Musée d’Art contemporain et Bibliothèque
Surface 70 000 m²
Lieu Taichung – Taïwan
Année 2013
Équipe Eric Cassar, Lamia Nekaa, Mark Shtanov, Mourad Bencheikh, Andrea Sender, Luiza Canuto
Maître d’ouvrage Competition : Taichung City

Principes généraux
Conçu comme une infrastructure culturelle et environnementale, le Taichung City Cultural Center associe bibliothèque, musée d’art contemporain et espaces publics ouverts au sein d’un vaste parc urbain. Le projet cherche à reconnecter ses visiteurs à l’art, à la connaissance et à la nature à travers une approche poétique, durable et interactive.

Le projet repose sur trois dispositifs principaux : une architecture instrument d’environnements productrice d’énergie, des espaces flexibles capables de se transformer dans le temps et l’utilisation de matériaux naturels et durables.

1 — Le « mur de vent », qui compose la façade nord de la bibliothèque, est réalisé en béton biologique. Il absorbe le CO2 et crée une enveloppe vivante évoluant avec le temps. Ses éoliennes, positionnées dans l’axe des vents dominants, produisent de l’énergie et ventilent naturellement le bâtiment.

2 — Comme la voile d’un bateau, « l’aile en mouvement » dispose d’un système automatique capable d’enrouler et de déployer une membrane textile sur une structure métallique. Elle génère différentes ambiances et interagit avec les phénomènes naturels (pluie, soleil). Dotée d’un mouvement propre et positionnée dans l’axe des vents dominants, elle transforme l’aspect du bâtiment ainsi que les environnements qu’elle génère selon les conditions climatiques.

3 — Le musée est constitué de « boîtes mobiles » réalisées à partir de conteneurs recyclés facilitant la création d’expositions spécifiques. Facilement déplaçables, elles permettent une grande diversité de configurations spatiales et offrent également un contrôle précis de l’atmosphère intérieure.

 

Une infrastructure culturelle dans le parc

Intégré au plan d’aménagement d’un nouveau quartier de Taichung, le Centre Culturel (Bibliothèque publique et Musée d’Art contemporain) est implanté au sein d’un parc aménagé sur le site d’un ancien aéroport.

Le projet cherche à révéler les capacités d’innovation de Taïwan et sa volonté de réduire son empreinte carbone.

Le programme a été étudié à travers les espaces intérieurs mais également les espaces extérieurs, leurs relations avec le quartier et leur capacité à favoriser les liens sociaux.

Même si le musée et la bibliothèque sont conçus comme deux entités indépendantes et flexibles, ils fonctionnent dans une logique complémentaire.

 

La bibliothèque : jardins de la connaissance

Son toit végétalisé est composé de jardins aux thématiques variées. Son architecture propose une diversité d’espaces aux atmosphères différentes permettant à chacun de choisir un environnement adapté à ses usages, ses besoins ou ses envies.

Grâce à des étagères mobiles, de grands espaces ouverts côtoient une diversité d’espaces clos variant selon leur taille, leur luminosité, leur ambiance sonore, leurs vues ou leur température. Chacun peut choisir l’espace qui lui correspond.

 

Le musée : un temple de l’art

Le musée réinterprète l’idée du temple de Confucius à travers une vision contemporaine associant stratégies durables et méthodes constructives innovantes.

Le musée s’organise autour d’un vaste atrium dont l’espace peut être continuellement transformé grâce à une série de salles mobiles : les « boîtes mobiles » réalisées à partir de conteneurs recyclés.

Ces éléments permettent de faire évoluer les espaces intérieurs selon les expositions et les événements.

 

Espaces publics ouverts : « In Between »

Le bâtiment est conçu comme un repère visible à grande distance, établissant des relations avec la ville et le parc à travers les espaces publics qu’il génère.

Pour accéder au bâtiment, les visiteurs traversent une succession d’espaces intermédiaires les faisant progressivement passer de l’environnement urbain à des espaces dédiés à l’art et à la connaissance.

Les jardins, la cafétéria de la bibliothèque et l’amphithéâtre sont entièrement ouverts au public et directement reliés au parc.

De l’autre côté du site, un vaste mur creux révélant les expositions, le café et le parvis du musée relie le complexe à l’avenue principale et invite les visiteurs à explorer le lieu.

 

Jouer avec les phénomènes naturels et créer des espaces flexibles

Le bâtiment est conçu pour être flexible, non seulement afin d’accueillir différents usages mais également pour s’adapter aux phénomènes naturels.

Ces éléments naturels, associés ou non aux nouvelles technologies, participent à la production d’énergie tout en réduisant l’utilisation des systèmes artificiels de confort intérieur.

Au-delà de leur fonction technique, ils créent également des effets poétiques grâce à l’eau, la pluie, le vent, la chaleur solaire ou la lumière naturelle.

Dans les jardins de la bibliothèque, l’eau de pluie est récupérée par de larges chéneaux de verre qui produisent des effets lumineux particuliers à l’intérieur tout en offrant des vues diffractées du ciel.

Sur la façade sud du musée, les panneaux d’algues — également producteurs d’énergie — possèdent une dimension esthétique grâce à leurs couleurs évolutives qui créent différentes ambiances lumineuses à l’intérieur comme à l’extérieur.

 

Une architecture connectée à son environnement

Assisté par « le noyau », un système informatique avancé, le TCCC fonctionne comme un bâtiment intelligent connecté à l’ensemble du quartier.

Entièrement autonome, le complexe agit comme un filtre à CO2.

Producteur d’énergie grâce aux panneaux photovoltaïques, panneaux d’algues et éoliennes, il peut redistribuer l’énergie excédentaire aux réseaux environnants.

Ce système permet également la réutilisation de l’eau et une gestion optimisée des ressources naturelles.

Le « noyau » régule automatiquement les systèmes artificiels (climatisation, éclairage, etc.) selon les conditions climatiques et l’occupation du bâtiment afin d’optimiser la consommation énergétique.

 

Espaces connectés : N-spaces

Le TCCC est connecté à des bibliothèques, musées et institutions culturelles à travers le monde, offrant aux visiteurs la possibilité d’explorer non seulement ses espaces physiques mais également un ensemble d’espaces physiques et virtuels connectés au complexe.

 


L’architecture est un instrument d’environments.