Marché International de Rungis _ France
Marché de Rungis
Réinventer la logistique, les usages et les centralités à l’ère des environnements hybrides
Programme Étude prospective pour le Marché International de Rungis
Lieu Rungis, Île-de-France, France
Année 2019
Équipe Eric Cassar, Alaa Sndyan, Leire Urionagüena, Hugo
Maître d’ouvrage SEMMARIS
Principes généraux
Cette étude explore les évolutions possibles du Marché International de Rungis face aux mutations de la logistique, des mobilités, du numérique et des modes de consommation.
Plutôt que d’envisager le marché comme une simple infrastructure de stockage et de distribution, le projet propose de le considérer comme un territoire capable de produire de nouveaux usages, de nouvelles centralités et de nouvelles formes de services.
Les espaces délaissés, les infrastructures existantes, les flux et les données deviennent les ressources d’une transformation progressive du site.
À travers une approche associant architecture, urbanisme, logistique et outils numériques, cette recherche imagine un marché plus lisible, plus accessible, plus efficace et plus ouvert sur son environnement métropolitain.
Le marché comme plateforme territoriale
Le projet propose de considérer le marché comme une plateforme capable de mettre en relation les marchandises, les acteurs, les espaces et les services.
Une infrastructure numérique coordonne les flux de marchandises, les déplacements, les espaces disponibles et les besoins des différents utilisateurs.
Les outils numériques ne constituent plus seulement des dispositifs de gestion mais deviennent des instruments capables d’organiser le territoire en temps réel, de coordonner les acteurs et de faire émerger de nouveaux services.
Le marché évolue ainsi d’une logique d’infrastructure logistique vers celle d’une plateforme relationnelle.
De nouvelles centralités
L’étude identifie plusieurs lieux stratégiques susceptibles de devenir de nouveaux pôles d’activité.
Des hubs de quartier et un hub central regroupent des services, des équipements, des espaces de rencontre, des jardins, des restaurants, des bureaux et des lieux de présentation des acteurs du marché.
Ces nouvelles centralités améliorent l’orientation, renforcent l’identité des différents secteurs et offrent davantage de services aux professionnels, aux visiteurs et aux salariés.
Ces hubs permettent également de réintroduire des lieux de rencontre, de détente et de sociabilité dans un territoire historiquement organisé autour des flux.
Le marché devient progressivement un territoire habité et non plus uniquement traversé.
Une logistique augmentée
L’organisation des flux repose sur une mutualisation accrue des ressources.
Le projet imagine notamment une plateforme de stockage mutualisée capable de prolonger temporairement la durée de présence des marchandises sur le site et d’offrir davantage de souplesse aux différents acteurs.
Un système de transport interne composé de véhicules électriques assure la circulation continue des marchandises entre les halles, les hubs et les espaces logistiques.
Cette organisation permet de réduire les déplacements inutiles, d’optimiser les temps de chargement et de déchargement et de mieux utiliser les infrastructures existantes.
Le numérique devient ici un outil de synchronisation des flux physiques.
Transformer les délaissés en ressources
Les nombreux espaces résiduels présents sur le site sont considérés comme des opportunités de transformation.
Ils accueillent progressivement de nouveaux équipements, des espaces publics, des jardins, des lieux de formation, des activités culturelles ou sportives et de nouveaux services liés au marché.
Certains de ces espaces accueillent également de nouvelles activités économiques, des équipements de proximité ou des programmes capables de renforcer l’attractivité du territoire.
La frontière historique entre le marché et son environnement s’atténue progressivement au profit d’une relation plus ouverte avec le territoire métropolitain.
Le délaissé devient un support d’innovation urbaine.
Visibilité et identité
Le projet développe une stratégie de repérage à grande échelle fondée sur l’identification des quartiers, la mise en lumière de certains équipements et l’organisation d’événements liés aux thématiques alimentaires, agricoles et logistiques.
Le marché affirme ainsi une présence visible depuis les infrastructures voisines tout en améliorant l’expérience quotidienne de ses utilisateurs.
Cette approche contribue à renforcer l’attractivité et la lisibilité d’un territoire souvent perçu uniquement à travers ses fonctions logistiques.
Vers un territoire actif
Cette étude prolonge les recherches menées par Arkhenspaces autour des environnements hybrides, de la plateforme numérique La Boussole et d’Habiter l’infini.
Elle explore la manière dont un territoire peut devenir plus adaptatif, plus collaboratif et plus résilient grâce à l’articulation entre espaces physiques, services, logistique, paysage et outils numériques.
Au-delà de l’optimisation des flux, elle propose une réflexion sur la capacité de l’urbanisme à produire de nouvelles formes de relations entre les personnes, les activités et les lieux.
Du territoire logistique au territoire relationnel.
Cette recherche explore la transformation d’une infrastructure logistique en un environnement capable de produire de nouveaux usages, services, centralités et relations à l’échelle métropolitaine.

